Les 7 règles de Wired pour voir le futur de l’innovation

Traders et investisseurs nous démontrent que prédire le futur est un métier qui paye bien. C’est assez normal puisque personne ne peut le prédire de façon fiable. Ceci étant nous sommes beaucoup à jouer ce jeu d’une façon ou d’une autre. Quand je conseille un entrepreneur de startup, accompagne un grand groupe dans ses réflexions stratégiques, ou bien entendu quand je donne un avis tranché pour sélectionner un projet plutôt qu’un autre (comme je viens de le faire pour la prochaine saison du Camping), je me prête moi même à ce jeu hasardeux.

Je viens de relire les 7 règles que l’équipe du magazine américain Wired utilise depuis des années pour parier ou non sur une nouvelle tendance d’innovation. Je n’y trouve tellement rien à redire qu’il me parait intéressant de vous les récapituler :

  1. Chercher les pollinisations croisées : il n’y a pas d’innovateur isolé qui crie eurêka dans sa baignoire un beau matin. Toute innovation significative vient de la collision de plusieurs champs de connaissances (informatique et génomique, ou finance et psychologie). L’innovation est une zone de métissage, les puristes sont des freins.
  2. Surfer sur les exponentielles : la loi de Moore se vérifier depuis assez longtemps pour que l’on puisse inférer ce qu’elle va engendrer dans 20 ans, 30 ans. Et c’est un futur radical. Depuis 10 ans nous avons vu disparaître (ou pe s’en faut) le coût du stockage de l’information, de la bande-passante (même si les opérateurs téléphoniques freinent des deux pieds pour nous maintenir dans les années 80), du coût du traitement de l’information… Comprendre comment notre société change sous la constante accélération technologique permet de faire de solides paris sur le futur, même s’ils sont contre-intuitifs aujourd’hui. Vous n’êtes pas convaincus ? Regardez l’arrivée des solutions de stockage illimitées dans le cloud
  3. Favoriser les libérateurs : éliminer la rareté ou rendre liquide des actifs jusque là difficilement accessibles sont deux façons de créer de la liberté. Le web et les technologies digitales permettent de mieux en mieux l’élimination de la rareté : un média peut être stocké une fois, dupliqué à l’infini et consommé par le plus grand nombre. Plus besoin de CD quand on peut télécharger des mp3 en voiture sur la route des vacances (oui, c’était mon travail hier pendant que Stéphanie conduisait). Et si permettre à tous de communiquer sur la disponibilité de leur canapé, pour que des voyageurs de passages puisse le louer, vous semble une activité bien modeste… réfléchissez-y de plus près.
  4. Donner un bonus à l’audace : j’explique inlassablement que s’il n’y a pas de risque, il n’y a pas d’innovation. Vous n’allez pas changer un marché en jouant le jeu des leaders et en respectant toutes les règles. Il va falloir prendre des risques et faire dire à des experts « ça ne marchera jamais ». Le corollaire est que si tout le monde est d’accord avec vous, vous n’innovez rien. Et si vous en doutez regardez à quel point tout le monde est d’accord pour faire des applications mobiles géolocalisées pour les petits commerces… et à quel point aucun client ne souhaite les utiliser. Bien entendu vous risquez de vous planter totalement en prenant trop de risque, ou d’être là trop tôt. Personne n’a dit que c’était facile !
  5. Compter sur l’ouverture : vous n’avez pas besoin d’être un hippie pour comprendre que dans une société ultra-connectée il vaut mieux ouvrir et donner pour catalyser sa progression, que de chercher à tout contrôler et faire payer des taxes à tous le monde. Même Microsoft le reconnaît en en poussant Hadoop, Python et en acceptant finalement de laisser la technologie Kinect dans les mains des artistes et fabricants de robots.
  6. Exiger une intégration profonde du design : Apple bien entendu est devenu le plus grand évangéliste technologique du design pour tous. Une urgence issue du départ même de la conception du produit, qui va le faire mûrir dans une direction simple et élégante, parfaitement accordée à son utilisation future. Une logique qui a aussi permis à Facebook de supplanter rapidement MySpace par ses choix ergonomiques rigoureux. dans un univers où il est de plus en plus facile et de moins en moins cher de produire de la technologie, les entreprises qui apprennent à ne pas se disperser, à polir un choix et offrir un produit unique dont toutes les dimensions ont un sens précis, deviennent une élite visionnaire.
  7. Passer du temps avec les glandeurs : les individus qui investissent spontanément du temps à faire des choses jugées inefficaces, sont peut être les prémices d’une nouvelle culture, d’un nouveau marché. Les geeks des années 80 sont devenus un mythe social et pour certains les grands patrons des années 2000s. Quand est-il aujourd’hui des nouveaux hackers qui impriment en 3D des modèles réduits de l’Enterprise ? Des biologistes moléculaires qui s’amusent à faire des bactéries fluorescentes dans leur garage ? Ou des gamins qui jouent 6h par jour à des jeux online massivement multi-joueurs ?

L’article original du magazine est ici.

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