La technologie est une mauvaise excuse

La technologie est souvent une excuse.

Soit parce que on l’a créée et que l’on cherche une excuse pour ne pas avoir à s’occuper de comprendre son marché. Soit parce qu’on ne l’a pas et que l’on préfère attendre qu’elle arrive… pour ne pas avoir à s’occuper de comprendre son marché.

Si vous voulez construire quelque chose mais que la technologie n’est pas encore disponible, trouvez simplement la façon la plus proche de le faire arriver. / Dennis CROWLEY, co-Fondateur Foursquare

 

Formation à la stratégie et au marketing de l’innovation avec l’IAE

La semaine prochaine je participerai à un programme de Master très intéressant se déroulant sur une semaine et co-organisé par l’École Centrale de Marseille et l’IAE d’Aix. Il s’agit de faire travailler pendant une dizaine de jours une dizaine d’étudiants américains sur le business model et la stratégie d’une jeune entreprise innovante. Le déroulé de ces journées est conçu pour être très impactant : cours le matin et travail de groupe avec les outils appris l’après-midi. À l’issue de ce court programme, les étudiants présenteront un pitch et un plan d’action à la startup ayant servi de point de départ au travail. Surprises intéressantes au rendez-vous ! Continue reading Formation à la stratégie et au marketing de l’innovation avec l’IAE

Intervention sur les business models chez Black Swan

Le jeudi 1er mars de 9:00 à 12:00 à la pépinière “Black Swan”, je présenterai une intervention intitulée “Pourquoi et comment distinguer le business model du business plan ?“. Et à partir de 14:00 j’assurerai quelques rendez-vous B2B sur le sujet, les places étant limitées il est important de vous inscrire au préalable. Continue reading Intervention sur les business models chez Black Swan

Les nouvelles frontières de l’open innovation

Jean-Yves Huwart vient de me signaler à l’instant la publication de son rapport explorant les nouvelles limites de l’open innovation. Je tiens à partager cette lecture de synthèse car elle permet comme rarement de toucher du doigt les nombreuses modalités de l’open innovation. C’est aussi une bonne manière de comprendre que l’open innovation n’est pas une panacée applicable en suivant une recette linéaire. L’open innovation reste une stratégie collaborative complexe, qui confrontée aux changements économiques de la planète et la persistante accélération technologique, reste en pleine mutation.

Et pour citer ce rapport :

Aujourd’hui, les pratiques d’open innovation ont franchi un nouveau palier. Des phénomènes récents comme l’essor des modes de communication digitaux interactifs, la montée en puissance des usines démarquées ou encore la décentralisation de certaines grandes entreprises permettent une plus grande ouverture, encore, des processus d’innovation. Une multitude de nouvelles opportunités se présentent pour les PME et les startups qui le choisissent.Elles peuvent initier ou rejoindre des consortia internationaux, de façon ponctuelle ou durable.

Je dirais même que l’open innovation s’intègre aussi au niveau même des entreprises entre-elles et de leur écosystème par les stratégies de coopétition, où des clusters se forment pour lutter entre eux en freinant l’arrivée de nouveaux entrants.

Et comme les actualités ont souvent tendances à se télescoper, je me permets d’ailleurs de signaler que je donnerai un cours sur ces sujets complexes aux étudiants designers du “Master Innovation by Design”, de l’ENSCI à Paris en mars.

En attendant, voici donc le document :

Les nouvelles frontières de l’Open innovation

Voir d’autres documents de l’agence MERKAPT

Les Clean Techs, une bulle comme une autre ?

Le magazine Wired vient de publier un article sur un constat que je refais avec un peu de retard, après l’avoir prédit il y a deux ans avec une petite dose de pessimisme (on peut aussi appeler cela de la lucidité). Continue reading Les Clean Techs, une bulle comme une autre ?

Le Camping : un mentoring atypique

Le Camping, accélérateur de start-ups créé en 2011, fait partie des opérations de mentorat entrepreneurial avec qui je collabore en terme de recherche. Après juste un an d’existence ils ont réussi à réunir 60 mentors (dont Philippe fait partie) autour de leurs 12 start-ups, avec un ratio exceptionnel de 5 mentors pour 1 projet mentoré (un projet = une équipe de startupers), alors que la plupart des autres programmes de mentorat luttent pour attirer suffisamment de mentors pour fonctionner et arrivent à un ratio qui se rapproche plutôt de 1 mentor pour 3 mentorés.

Dans cet article nous explorerons donc les conséquences d’un tel ratio sur le type de mentorat reçu par les mentorés, appelés dans ce cas les “campeurs”, ainsi que les raisons qui expliquent un tel pouvoir d’attraction de mentors français et internationaux.

Ce ratio de 5 pour 1 a créé l’opportunité d’un mentoring très atypique : la famille de mentors. Chaque projet start-up est accompagné par une famille de mentors qui est composée de CEOs, d’experts et de speakers : des personnes qui ont réussi dans le web. Chaque famille est créée par affinités entre le mentor et les campers et est guidée par un “lead mentor”. Étant très orientés web, ils utilisent des outils à distance pour faire du suivi très régulier, généralement hebdomadaire. Il faut dire que la particularité du Camping c’est aussi l’aspect “accélération” avec un accompagnement sur 6 mois, dans un secteur qui bouge très vite. La deuxième particularité est l’effet collectif. Les valeurs du Camping sont très orientées autour de la dynamique du groupe. En effet, pour créer les conditions de l’accélération, Le Camping s’appuie sur la communauté enrichie, “1+1= plus que 2” comme le soulignait Alice Zagury, Manager du Camping. Le partage est essentiel, d’ailleurs leur configuration open space de locaux encourage bien les échanges.

Ce mentoring est pour l’instant atypique puisque dans la pratique nous observons surtout deux cas de mentoring : le one-to-one et le mentoring de groupe. Le premier est le mentoring aussi dit “traditionnel” dans lequel nous avons un mentor et un mentoré qui se  rencontrent en face-à-face une fois par mois.  Le deuxième est une forme plus récente du mentoring mais déjà se répand rapidement. Il faut dire que le mentoring de groupe dans lequel un mentor a des réunions avec un groupe de mentorés qui ont des problématiques communes ou autour d’un thème précis. L’accès au mentoring est rendu possible alors que le ratio mentor/mentoré est faible (à l’opposé du Camping avec un ratio de 1/5 ou même de 1/12).

Je reviendrai dans un prochain article sur les différents types de mentoring et leurs effets, en fonction du ratio mentor/mentoré.

Comment ont-ils réussi à réunir autant de mentors alors qu’ils viennent à peine de lancer leur concept en France ? Et bien trois mots : concept + valeurs + équipe. Tout d’abord, le concept est novateur et encourage les start-ups jeunes, à fort potentiel, orientées hight tech et avec des ambitions internationales. Pour les mentors ce sont de bons projet avec lesquels il est stimulant d’être associé. Les mentors sont également attirés par les valeurs que porte Le Camping : l’entrepreneuriat, l’échange, la communauté, le dynamisme. Et “last but not least” : l’équipe. Elle est jeune, dynamique, engagée et ambitieuse. Cette équipe a mis beaucoup d’énergie à développer des réseaux et des événements. Energie bien dépensée puisque les résultats sont là : 60 mentors engagés autour de ses 12 start-ups. Et ce réseau de mentors continue de s’étendre, par le bouche à oreille mais aussi parce que Le Camping développe sa notoriété et une bonne réputation.

Il ne sera pas évident de reproduire cette réussite dépendante d’un contexte précis, mais il y a une belle leçon à retenir sur les 3 points clés pour attirer des mentors de qualité !