From Startups

indiana jones
indiana jones

Pourquoi nous expérimentons toujours Merkapt.com

Notre blog est souvent en modification et en changement. Je sais que cela peut être pénible à certains moments : vous êtes habitués à une forme de navigation et du jour au lendemain tout change…

Il faut dire que notre blog a toujours eu trois fonctions bien précises :

  1. Nous permettre de garder une trace de certaines de nos réflexions pour plus tard ;
  2. Expérimenter le marketing et le web social autour du contenu que nous produisons ;
  3. Vous permettre de suivre notre actualité tout en retrouvant des éléments de contenu que vous puissiez réutiliser (méthodologie, présentations).

Même si le point 3 n’est pas simplement anecdotique, le point 2 est essentiel. Il n’y a aucun moyen aujourd’hui de comprendre le marketing web sans mettre les mains dedans, sans trifouiller du CSS ou du HTML, ou sans expérimenter avec Twitter.

La mouture dont vous profitez en ce moment est une réflexion engagée avec un client sur la présentation de l’information sur le web.

Les 370 articles que nous avons écrits depuis plusieurs années se regroupent autour de nombreux sujets : Innovation de business model, Startups, Stratégie, Technologie, Intrapreneuriat, Marketing de l’innovation, Développement managérial, Mentoring, Multiculturalité et Créativité. Pas évident de retrouver dans tout cela une information précise. Et sauf à adopter un moteur de recherche beaucoup plus précis et sélectif que ce que propose wordpress et ses nombreux plugins, je n’ai pas trouvé de recette miracle.

Je pense néanmoins que la présentation elle-même des articles est un paramètre central de la recherche. Il est par exemple frappant de voir à quel point il est complexe de lire un site très moderne (et très bien réalisé) comme The Verge, même s’il permet de retrouver l’information de très nombreuses façons. À l’opposé, un site minimaliste et riche de contenu comme Daring Fireball est lui impossible à lire en profondeur. Il n’est destiné qu’à être une fenêtre partageant 5 ou 6 articles par jour, le reste se perdant dans une sédimentation inextricable.

Le thème que j’ai choisi en ce moment a une certaine valeur à mes yeux, car il présente l’information de façon dense mais aérée et réactive, sous cette forme de jeu de carte. Les catégories d’articles en menu supérieur permettent de filtrer très vites ces « cartes » et la boîte de dialogue de recherche permet d’affiner. Et j’ai pour l’instant enlevé la fonction « archive » qui n’a quasiment jamais été utilisée.

Comme toujours j’attends vos retours. ; )

aix
aix

Formation à la stratégie et au marketing de l’innovation avec l’IAE d’Aix et l’ECM

La semaine prochaine je participerai à un programme de Master très intéressant se déroulant sur une semaine et co-organisé par l’École Centrale de Marseille et l’IAE d’Aix. Il s’agit de faire travailler pendant une dizaine de jours une dizaine d’étudiants américains sur le business model et la stratégie d’une jeune entreprise innovante. Le déroulé de ces journées est conçu pour être très impactant : cours le matin et travail de groupe avec les outils appris l’après-midi. À l’issue de ce court programme, les étudiants présenteront un pitch et un plan d’action à la startup ayant servi de point de départ au travail. Surprises intéressantes au rendez-vous !

En ce qui me concerne je prendrai en charge les journées de travail suivantes :

1. « Business Landscape Analysis », comment cartographier la concurrence et choisir un positionnement marché, puis en rendre compte dans un pitch de présentation :

2. Business Model Design, comment modéliser une stratégie centrée sur l’offre de valeur et dimensionner tous les domaines de son activité) :

Et finalement,

3. Activities and Resources-Based Analysis, comment préparer une mise en place opérationnelle basée sur les ressources et compétences clefs à disposition de l’entrepreneur :

 

black swan
black swan

Intervention sur les business models chez Black Swan

Le jeudi 1er mars de 9:00 à 12:00 à la pépinière « Black Swan », je présenterai une intervention intitulée « Pourquoi et comment distinguer le business model du business plan ?« . Et à partir de 14:00 j’assurerai quelques rendez-vous B2B sur le sujet, les places étant limitées il est important de vous inscrire au préalable.

 

Le résumé de l’intervention :

Le business plan est un outils de communication formel où est décrite la stratégie de départ de l’entreprise et son déroulé opérationnel sur une longue période. Les formats de business plan sont tous à peu près identiques et se valent plus ou moins ! C’est justement leur intérêt puisqu’ils permettent de standardiser rapidement la logique de l’entreprise et de la faire partager à de nombreux interlocuteurs. Le business model (ou modèle économique) est une tout autre histoire. Il ne s’agit pas d’une communication formelle, mais d’un travail de réflexion et de synthèse issu par exemple d’un diagnostic stratégique global de l’entreprise à l’instant T. On peut généralement le décrire sur une seule page et de façon visuelle.

Ces deux outils ne s’utilisent pas au même stade de l’évolution de votre start-up : Tout d’abord, il y a la phase de test où l’on cherche à valider une offre de valeur avec un scénario de business model. Dans cette phase, il est encore nécessaire de valider les segments clients activables et probablement la façon dont l’offre sera monétisée, il sera naturel et efficace de privilégier l’approche par scénario du business model. Ensuite, la phase où le marché est touché et où l’on réduit le nombre de questions ouvertes sur l’avenir du projet entrepreneurial. A cette étape, le business plan devient un outil plus précis permettant d’arbitrer finement les investissements et le calendrier financier à construire.

Il y a donc une réelle articulation conceptuelle qui se joue entre ces 2 étapes, que peu de chefs d’entreprises perçoivent clairement. Voici quelques questions que nos experts aborderont :

– Quel est le niveau d’information que vous devez avoir et partager sur votre porjet en fonction des différentes étapes ?
– Le business model peut-il être un élément différenciateur face à un investisseur ?
– Quels sont les indicateurs permettant de piloter l’évolution de la start-up quand vous n’avez pas encore de
ventes ?
– Quels sont les éléments de votre environnement à maîtriser afin de pouvoir réagir efficacement face aux aléas ?
– Comment ces logiques sont utilisées par les grands groupes et quelles sont les leçons à en tirer ?

Marc Géméto, Directeur de l’incubateur « Business Innovation Garage » BIG de Gemalto, sera présent comme témoin.

Pour en savoir plus vous pouvez contacter Karine ou Bruno au 04 88 19 75 15 ou vous inscrire directement en envoyant un mail à evenements@ceei-provence.com.

 

mio
mio

Les nouvelles frontières de l’open innovation

Jean-Yves Huwart vient de me signaler à l’instant la publication de son rapport explorant les nouvelles limites de l’open innovation. Je tiens à partager cette lecture de synthèse car elle permet comme rarement de toucher du doigt les nombreuses modalités de l’open innovation. C’est aussi une bonne manière de comprendre que l’open innovation n’est pas une panacée applicable en suivant une recette linéaire. L’open innovation reste une stratégie collaborative complexe, qui confrontée aux changements économiques de la planète et la persistante accélération technologique, reste en pleine mutation.

Et pour citer ce rapport :

Aujourd’hui, les pratiques d’open innovation ont franchi un nouveau palier. Des phénomènes récents comme l’essor des modes de communication digitaux interactifs, la montée en puissance des usines démarquées ou encore la décentralisation de certaines grandes entreprises permettent une plus grande ouverture, encore, des processus d’innovation. Une multitude de nouvelles opportunités se présentent pour les PME et les startups qui le choisissent.Elles peuvent initier ou rejoindre des consortia internationaux, de façon ponctuelle ou durable.

Je dirais même que l’open innovation s’intègre aussi au niveau même des entreprises entre-elles et de leur écosystème par les stratégies de coopétition, où des clusters se forment pour lutter entre eux en freinant l’arrivée de nouveaux entrants.

Et comme les actualités ont souvent tendances à se télescoper, je me permets d’ailleurs de signaler que je donnerai un cours sur ces sujets complexes aux étudiants designers du « Master Innovation by Design », de l’ENSCI à Paris en mars.

En attendant, voici donc le document :

Les nouvelles frontières de l’Open innovation

Voir d’autres documents de l’agence MERKAPT
clean tech
clean tech

Les Clean Techs, une bulle comme une autre ?

Le magazine Wired vient de publier un article sur un constat que je refais avec un peu de retard, après l’avoir prédit il y a deux ans avec une petite dose de pessimisme (on peut aussi appeler cela de la lucidité).

De 2005 à 2009, l’industrie des énergies propres et/ou renouvelables a été le sujet brûlant, le secteur dans lequel l’avenir technologique et industriel de nombreux pays devait se créer. Les US iront jusqu’à investir 44,5 milliards de dollars en financements publics et privés. Et la France n’ayant pas été en reste, en sponsorisant largement le prix de rachat du kW solaire, qui permettra aux vendeurs de panneaux de tous poils de faire florès.

Début 2012 la bulle spéculative sur ces énergies semble avoir explosé, sans que personne ne veuille l’avouer.

Si nous faisons un petit retour en arrière, de 2007 à 2009 j’ai été particulièrement frappé de voir le nombres de startups ou de TPE qui se créaient sur la simple base d’un prix de rachat attractif du kW. Étant dans un certain nombre de comités jaugeant ces projets, je dois dire que peu de porteurs étaient de purs opportunistes : beaucoup pensaient pouvoir compter sur cette manne de façon stable. Le sentiment général était que ce n’était que le début d’une révolution qui allait en quelques années balayer la façon dont nous produisions notre énergie et la consommions. Or pour ceux qui ont eu l’occasion de se pencher sur la technologie du photo-voltaïque, l’évidence a toujours été là : les rendements sont insuffisants, les coûts de production difficilement améliorables, l’installation sur site délicate et finalement très coûteuse en elle-même. Sans parler du fait que l’on ne sait toujours pas stocker en masse l’énergie électrique (ou alors on stocke avant de produire et cela s’appelle un barrage).

La voiture électrique elle-même est toujours en bute à ce problème central sous deux formes : (1) il n’y a pas assez de métaux rares sur la planète pour produire des batteries de voitures pour une grande partie de la population et (2) presque personne ne travaille réellement sur le goulet d’étranglement de la distribution. Or ce type de changement de paradigme n’est pas simple. Imaginez-vous sérieusement qu’à terme ce type de solution puisse perdurer :

smart électrique amsterdam

Alors bien entendu, comme dans toutes les activités technologiques, la promesse future fait rêver.

Et heureusement, car c’est elle qui lance les premiers explorateurs, les innovateurs. Mais arrive rapidement le moment où il faut savoir si cette promesse sera tenue dans un délai compatible avec un cycle de vie de marché. En l’occurrence : il y a t’il une chance qu’en moins de 3 ans tous les problèmes fondamentaux du solaire soient réglés ?  Pour le dirigeant d’une entreprise qui se lancerait dans cette aventure, il n’y a aucune question compliquée à se poser sur le marché. La seule variable de l’équation à résoudre est technologique. Et pour l’instant la rupture n’est pas arrivée et c’est la Chine qui, ironiquement, maîtrise la production de panneaux solaires avec plus de 54% de la production mondiale et une qualité « just good enough« .

Si nous jetons maintenant un oeil aux autres promesses des clean techs, l’avenir n’est guère plus encourageant.

L’éolien qui ne résout pas plus que le solaire le problème du stockage, est depuis la crise financière en bute à la baisse spectaculaire du prix du gaz naturel. Par ailleurs, si l’on trouvait en 2005 cette solution élégante (de grands moulins dans des plaines désertées), des problèmes environnementaux spécifiques sont rapidement apparus. On fini par réaliser que les éoliennes doivent rester relativement proches de centres urbains et que personne ne souhaite vivre à leur proximité.

Le biofuel a été de mon point de vue la plus grosse arnaque environnementale de ces dix dernières années. Tout le monde sachant qu’il allait être nécessaire de convertir une large portion de l’agriculture mondiale à de la monoculture énergétique et que cela était une utopie extrémiste. Plus sérieusement la piste de la culture massive d’algues a été longuement essayée, notamment aux US. Mais là aussi l’anticipation technologique a été trop précoce : ce sujet est dans les tiroirs depuis les années 80 avec des dizaines de problèmes non résolus et qui restent encore du domaine de la recherche agronomique.

Les piles à combustible (FuelCell) ont quant à elles été les plus prometteuses et l’utilisation de l’hydrogène est impeccablement propre. Mais il s’avère que le passage d’une technologie fonctionnant pour alimenter un gadget de bureau, à une technologie de masse n’arrête pas de poser de nouveaux problèmes. Et comme disent les américains « il y a un éléphant dans la pièce » : personne ne semble vouloir directement discuter du fait qu’organiser un circuit global de distribution de l’hydrogène pose des difficultés largement supérieures à celle d’un réseau gaz de ville. Dernier clou dans le cercueil : à nouveau le faible coût actuel du gaz naturel, qui finit d’enterrer toute incitation commerciale à produire des piles dont le coût du kW est trop élevé.

Bon, je ne vais pas poursuivre la démonstration, je pense que vous avez compris mon propos. Celui-ci n’est ni à prendre d’un point de vue écologique, ni politique et il se transpose dans toutes les aventures entrepreneuriales. Si les conditions d’émergence d’un nouveau marché technologique ne sont pas identifiées avec lucidité et pragmatisme (ce qui est en réalité souvent simple), c’est une forme de mysticisme quelconque qui va prendre le dessus et ce n’est pas un bon service à rendre à une entreprise : on appelle cela une bulle. Une alternative possible serait la réaction unanime d’une société entière face à un évènement dramatique. Le Japon nous a ainsi démontré sa capacité à passer en peu de temps de 30% de production électrique nucléaire à 10%, avec seulement 11 centrales restées actives sur 54 depuis Fukushima. Mais nous voyons des limites évidentes pour un pays comme la France dont le nucléaire est plus qu’une ressource, mais aussi une stratégie industrielle.

Au final, la très modeste conclusion à apporter à tout cela serait de vous rappeler un point simple et central de la construction d’un business plan : personne ne croit une seconde à vos projections de chiffre d’affaire à 5 ans. Ce que vos partenaires ou investisseurs potentiels attendent, c’est que vous ayez identifié les hypothèses convaincantes qui vont permettre à votre activité d’exister et de se développer.

On peut à nouveau me qualifier de pessimiste, mais en l’état je n’en vois pas de réelles pour les clean techs, si l’on exclut de nouveaux effets d’opportunités fiscales qui ne sont jamais pérennes, ou une catastrophe dramatique que personne n’attend.

Cela ne m’empêche pas de regarder ce secteur avec un intérêt toujours grandissant : une fois que les bulles ont explosé, les acteurs restants sont beaucoup plus pugnaces et aiguisés !

camping
camping

Le Camping : un mentoring atypique

Le Camping, accélérateur de start-ups créé en 2011, fait partie des opérations de mentorat entrepreneurial avec qui je collabore en terme de recherche. Après juste un an d’existence ils ont réussi à réunir 60 mentors (dont Philippe fait partie) autour de leurs 12 start-ups, avec un ratio exceptionnel de 5 mentors pour 1 projet mentoré (un projet = une équipe de startupers), alors que la plupart des autres programmes de mentorat luttent pour attirer suffisamment de mentors pour fonctionner et arrivent à un ratio qui se rapproche plutôt de 1 mentor pour 3 mentorés.

Dans cet article nous explorerons donc les conséquences d’un tel ratio sur le type de mentorat reçu par les mentorés, appelés dans ce cas les « campeurs », ainsi que les raisons qui expliquent un tel pouvoir d’attraction de mentors français et internationaux.

Ce ratio de 5 pour 1 a créé l’opportunité d’un mentoring très atypique : la famille de mentors. Chaque projet start-up est accompagné par une famille de mentors qui est composée de CEOs, d’experts et de speakers : des personnes qui ont réussi dans le web. Chaque famille est créée par affinités entre le mentor et les campers et est guidée par un « lead mentor ». Étant très orientés web, ils utilisent des outils à distance pour faire du suivi très régulier, généralement hebdomadaire. Il faut dire que la particularité du Camping c’est aussi l’aspect « accélération » avec un accompagnement sur 6 mois, dans un secteur qui bouge très vite. La deuxième particularité est l’effet collectif. Les valeurs du Camping sont très orientées autour de la dynamique du groupe. En effet, pour créer les conditions de l’accélération, Le Camping s’appuie sur la communauté enrichie, « 1+1= plus que 2″ comme le soulignait Alice Zagury, Manager du Camping. Le partage est essentiel, d’ailleurs leur configuration open space de locaux encourage bien les échanges.

Ce mentoring est pour l’instant atypique puisque dans la pratique nous observons surtout deux cas de mentoring : le one-to-one et le mentoring de groupe. Le premier est le mentoring aussi dit « traditionnel » dans lequel nous avons un mentor et un mentoré qui se  rencontrent en face-à-face une fois par mois.  Le deuxième est une forme plus récente du mentoring mais déjà se répand rapidement. Il faut dire que le mentoring de groupe dans lequel un mentor a des réunions avec un groupe de mentorés qui ont des problématiques communes ou autour d’un thème précis. L’accès au mentoring est rendu possible alors que le ratio mentor/mentoré est faible (à l’opposé du Camping avec un ratio de 1/5 ou même de 1/12).

Je reviendrai dans un prochain article sur les différents types de mentoring et leurs effets, en fonction du ratio mentor/mentoré.

Comment ont-ils réussi à réunir autant de mentors alors qu’ils viennent à peine de lancer leur concept en France ? Et bien trois mots : concept + valeurs + équipe. Tout d’abord, le concept est novateur et encourage les start-ups jeunes, à fort potentiel, orientées hight tech et avec des ambitions internationales. Pour les mentors ce sont de bons projet avec lesquels il est stimulant d’être associé. Les mentors sont également attirés par les valeurs que porte Le Camping : l’entrepreneuriat, l’échange, la communauté, le dynamisme. Et « last but not least » : l’équipe. Elle est jeune, dynamique, engagée et ambitieuse. Cette équipe a mis beaucoup d’énergie à développer des réseaux et des événements. Energie bien dépensée puisque les résultats sont là : 60 mentors engagés autour de ses 12 start-ups. Et ce réseau de mentors continue de s’étendre, par le bouche à oreille mais aussi parce que Le Camping développe sa notoriété et une bonne réputation.

Il ne sera pas évident de reproduire cette réussite dépendante d’un contexte précis, mais il y a une belle leçon à retenir sur les 3 points clés pour attirer des mentors de qualité !

move fast
move fast

Move fast, break things…

En contre-point de mon coup de gueule sur le CES 2012 et la vacuité des industries technologiques orientées grand public en 2012, une enthousiasmante vidéo d’Ericsson sur la société connectée dans laquelle nous vivons et l’extraordinaire potentiel de transformation à notre disposition (cliquez sur CC pour le sous-titrage français).

Illustration à nouveau dans quatre heures à New York avec l’annonce de la prochaine destruction créatrice d’Apple pour l’édition et l’enseignement…

leaving las vegas
leaving las vegas

CES 2012 : Leaving Las Vegas

Le CES 2012 est terminé à Las Vegas et comme depuis plusieurs années cela a été un non-événement.

Des milliers d’entreprises high-tech comprimées dans des halls interminables, des démos de produits qui dans 90% ne verront jamais le jour et une frénésie brownienne finalement bien inutile. Le CES a probablement le mérite de démontrer une fois par an l’inanité de l’industrie technologique grand publique : après le pari de la TV 3D qui ne rencontre toujours pas de marché, après l’agitation désespérée pour sortir des tablettes, 2012 aura été encore plus marquante : rentrez chez vous, il n’y a plus rien à l’horizon.

Si j’essaye de rester positif, je parviens tout de même à trouver une technologie un peu intéressante dans tout ce qui a été étalé. Cette technologie vient de Samsung, qui quand ils ne sont pas occupés à être en procès avec Apple après avoir copié le dernier iPhone, semblent encore un peu se creuser la cervelle. Depuis quelques temps donc, Samsung pousse une technologie d’écrans transparents. Et cela fait plusieurs mois que je suis leurs efforts, jusqu’à présent au travers d’ordinateurs portables tous plus improbables les uns que les autres, dont l’écran était une sorte de plaque de verre affichant interface et fenêtres. Je ne sais pas vous, mais contrairement aux ingénieurs de Samsung, il m’est arrivé de travailler plus de 10 min face à un écran et j’ai du mal à croire qu’il y a le moindre intérêt à avoir un écran transparent sur un ordinateur.

Ceci étant, ce qui a été présenté à Las Vegas il y a quelques jours est devenu un peu plus pertinent. Je vous laisse juge avec une vidéo du service marketing US de la firme :

En résumé : vous pouvez afficher des informations sur votre fenêtre qui se comporte comme un écran intérieur (la face extérieure ne fait pas apparaître ces informations) et vous pouvez l’opacifier à volonté. Technologiquement cela devient un peu plus excitant qu’un laptop dont l’ergonomie visuelle est horriblement massacrée. Mais la question à plusieurs millions de dollars reste tout de même : « à quoi cela sert-il ? ». Au final, une grande entreprise présente un produit beaucoup plus mal qu’une startup de plus de 6 mois d’existence, sans donner aucune idée précise du problème traité, du bénéfice rendu par ce produit et de la cible marché.

J’ai du mal à ne pas m’énerver face à ce type de gâchis…

Prenons d’ailleurs l’un des exemples présentés dans cette vidéo : afficher la météo avec un widget. Je vais tout d’abord essayer d’abstraire le fait qu’ils n’ont même pas été capables de programmer un widget météo original et que l’on a une photocopie d’iOS (sérieusement ?)… Mais essentiellement quel est donc le foutu bénéfice client ? Qui sur la planète peut bien regarder par la fenêtre pour voir le temps qu’il fait et se le faire confirmer en temps réel par un widget, lui aussi sur la fenêtre ? Alors bien sur qu’il y a des maniaques (ou simplement des geeks), mais je peux penser que les ambitions de Samsung pourraient se porter un cran au-delà. Et il ne faut pas dire non plus « oui mais c’est juste un gadget parmi d’autres ». Quand on a une vidéo de moins de 2 min pour présenter son produit, on a intérêt à mettre en avant des choses passionnantes, il n’y a pas de place pour du superflu.

Ce qui renforce inexorablement mon énervement c’est qu’il n’y a pratiquement pas d’effort à faire pour donner du sens à ce produit. Il suffirait de prendre n’importe quel étudiant médiocre en design pour arriver à scénariser des dizaines d’idées intéressantes. Démonstration :

  • Pensons-le comme un affichage tête-haute de voiture : le matin nous avons les risques de pluie en fin de journée, l’état des bouchons dans la ville, les disponibilités de vélib dans le quartier et les grèves de transports en commun. Problème résolu : je prends le RER, ma voiture, ou un vélo pour aller travailler.
  • Retournons le principe présenté et affichons des informations à l’extérieur de la vitre : nous avons des digicodes interactifs à l’entrée d’un immeuble de standing, des menus affichés à l’entrée de restaurants, les dernières maison à la vente dans une agence immobilière. Problème résolu : rendre interactive la communication habituellement passive en accès d’immeubles / commerces.
  • Accentuons la magie de l’affichage sur la fenêtre : changer la scène vue par la fenêtre d’un bureau, avec des paysages d’îles, de montagne ou la vidéo en direct des enfants à la maison. Problème résolu : décloisonner l’espace de travail, permettre aux salariés de prolonger le contact familial et améliorer leur bien-être.

Ces trois exemples sont idiots ? Peut-être, peut-être pas. Mais il ne devrait pas être très difficile de trouver des idées brillantes exploitant le potentiel de ce produit, en y passant un peu plus des 5 min que j’y viens à peine d’y consacrer. Dans le pire des cas il suffit d’aller s’inspirer juste à côté

Côté positif de tout cela ? Notre agence a pas mal de boulot devant elle et il va falloir continuer à répéter encore longtemps que le produit n’est pas intéressant