Les Fab Labs sont à la mode depuis de nombreux mois. Un Fab Lab est un atelier équipé de machines à commande numérique, d’imprimantes 3D et de diverses machines à découper le métal ou le bois. Le principe de ce type d’atelier est né au MIT avec un cours d’ingénierie appliquée appelé « How to Make (Almost) Anything ». L’idée de départ étant de démontrer aux étudiants qu’il était possible de fabriquer pratiquement n’importe quoi à partir de bits (des plans d’objets) et des atomes (des matières premières simples et de l’électronique peu coûteuses).

L’engouement c’est depuis propagé par les cercles de réflexion sur l’open source et la possibilité à portée de tous de dupliquer des objets, à partir d’outils d’usinages de plus en plus simples à utiliser, et de moins à moins cher à assembler. Le mythe de la photocopieuse universelle était créé : je télécharge le fichier d’un meuble conçu à l’autre bout de la planète, et je le matérialise en quelques dizaines de minutes dans le Fab Lab. Pour les étudiants c’est un moyen unique de leur faire comprendre à quels point la frontière entre atomes et bits est devenue floue. Pour les startups c’est la possibilité de prototyper rapidement des concepts de produits, sans attendre la mise en oeuvre d’une phase de pré-industrialisation complexe (*).

Si le sujet vous intéresse et que vous voulez en savoir plus, dirigez-vous vers la FING qui milite très positivement pour la création de ce type d’ateliers en France. Pensez aussi à consulter l’article de synthèse d’Internet Actu sur comment refabriquer le monde.

En ce qui me concerne, mon passé de chercheur en biologie me rattrape parfois de façon surprenante. Pour les Fab Labs en l’occurrence je suis extrêmement surpris de ne rien voir se développer du côté des biotechnologies, alors que les mêmes besoins sont présents :

Des étudiants ou des startups tireraient des bénéfices énormes à pouvoir accéder à un atelier de bidouillage biotechnologique simple… Un Bio Fab Lab. Et si aujourd’hui les Fab Labs sont devenus auto-répliquants en étant capable de fabriquer eux-mêmes de nouvelles machines outils, pour équiper de nouveaux FabLabs ; on peut penser qu’il ne faudrait guère d’effort pour qu’ils fabriquent les appareillages de Bio Fab Labs.

Je joue avec cette idée depuis plusieurs mois et je viens de découvrir aujourd’hui Otyp qui a pour vocation de créer Thermotyp, un outil de PCR open source pour l’éducation :

Ce projet n’est pas isolé. À Berkeley un laboratoire plus tourné vers la recherche et l’industrie à ouvert récemment : le BIOFAB (International Open Facility Advancing Biotechnology). Drew ENDY, son directeur est aussi président de la BioBricks Foundation. Il décrit ce laboratoire comme une plate-forme open-source pour la synthèse de briques biologiques élémentaires. À terme cela devrait permettre la synthèse de tout type d’ADN, ARN ou protéines à partir de bactéries comme E. coli, ou de levures comme S. cerevisiae.

Les idées finissent toujours par être convergentes. Une histoire à donc suivre activement !

(*) Un conseil parfaitement gratuit : je serais plasturgiste aujourd’hui en France avec un business model reposant sur la création de moules coûtant chacun plusieurs dizaines de milliers d’euros, je m’empresserais de créer mon propre Fab Lab pour mes clients… Avant qu’ils ne m’échappent.

// Partager :

  • LinkedIn
  • viadeo FR
  • Facebook
  • Tumblr
  • Posterous
  • Google Bookmarks
  • FriendFeed
  • Digg
  • email
  • PDF
  • RSS

Il y a de très nombreuses façons de considérer la réflexion stratégique et son intérêt en entreprise. Pour l’entreprise innovante soumise à des pressions complexes et rapidement changeantes, il peut même être jugé insensé de développer la moindre approche stratégique. A quoi bon essayer de prévoir le chaos ?

Laissez moi donc vous parler de ce que le prix Nobel Niels BOHR avait nommé le paradoxe du bandit armé :

Dans les duels de westerns américains le gentil dégaine toujours après le méchant et parviens à le tuer. Alors que dans les westerns spaghettis pour tuer le méchant, le gentil dégaine avant pour arriver à tuer le méchant (*). Ces interprétations cinématographiques sont en fait un problème de neuroscience : une réponse planifiée (je vais dégainer avant lui) est-elle plus rapide qu’une action en réaction à un stimulus (dès qu’il bouge, je dégaine) ? Aujourd’hui les scientifiques sont capables de mesurer l’écart entre les deux tireurs : il n’est que d’une vingtaine de millièmes de seconde. En comparaison le temps que met le cerveau à repérer un stimulus et à y réagir est dix fois supérieur. La science donne donc raison aux westerns spaghettis, pas à Hollywood : pour tirer plus vite il vaut mieux avoir prévu de le faire avant, plutôt que de réagir au mouvement de l’adversaire.

Si la résolution de ce paradoxe est amusante, elle est en ce qui me concerne un bonne illustration de ce à quoi sert la stratégie : scénariser l’avenir et préparer des réponses adaptées aux scénarios. Même si ces scénarios ne se dérouleront jamais exactement (relisez un de vos business plan de 2008 ou 2009 si vous voulez le vérifier), votre réponse restera plus rapide et plus pertinente.

Nicolas MACHIAVEL parlait de la Fortuna et de la Virtù : la capacité à imposer sa volonté et sa souplesse (la Virtù) aux contingences extérieures que nul ne peut maitriser, ni réellement anticiper (la Fortuna).

C’est bien pour moi l’essence de la stratégie en entreprise.

(*) Ce paradoxe se retrouve jusque dans Star Wars où les fans débattent depuis 1977 pour savoir si Han Solo a tiré en premier sur Greedo

// Partager :

  • LinkedIn
  • viadeo FR
  • Facebook
  • Tumblr
  • Posterous
  • Google Bookmarks
  • FriendFeed
  • Digg
  • email
  • PDF
  • RSS

Le produit n’est pas intéressant

La plupart du temps, vous n’allez pas livrer au marché le produit auquel vous pensiez avant la création de la startup. Si tout se passe bien, de nombreuses « catastrophes » vont venir vous perturber et faire mûrir l’idée de départ. Si vous avez inventé une technologie, elle restera au coeur de l’histoire. Mais il faudra savoir ne pas s’entêter, laisser le marché et la concurrence vous challenger et adapter votre vision.

Persévérez mais ne vous entêtez pas

Une fois que votre idée s’est imposée comme une évidence et que vous bouillez d’envie de la concrétiser avant tout le monde, mettez au clair votre vision. Si vous n’avez pas formulé comment vous souhaitez agir sur le marché, à quel niveau et jusqu’à quand, vous ne pourrez pas persévérer. C’est à dire continuer à chercher le bon angle en dépit des problèmes innombrables que vous allez rencontrer. Et parvenir à la fin à faire déboucher votre vision d’une façon ou d’une autre. Vous risquez au contraire de vous entêter sur l’idée de départ sans jamais l’adapter et de créer quelque chose qui n’intéresse personne le jour où vous le lancer.

Les idées ne valent rien

Un système sans réservation d’auto-partage en centre ville, un site web centralisant toutes les cartes de réduction des magasins sous forme de miles et permettant de bénéficier d’alertes sur les soldes et les promotions, un site dédié uniquement au tri de vos photos de voyages, illustrant lui-même les lieux que vous avez vu avec des informations venues d’internet et permettant d’éditer rapidement un album papier, un système d’alarme maison basé uniquement sur votre (vos) webcam(s), …

Tout cela n’a aucune valeur sans exécution. Si vous hésitez entre une idée flamboyante, pour laquelle vous n’avez que peu de chance de réaliser, et une idée plus modeste pour laquelle vous avez une chance assez unique de mener à terme… Optez pour la modestie.

Les catastrophes sont indispensables

Une règle empirique veut que vous allez subir un évènement qui remet en cause votre startup tous les trois mois : votre temps de développement vient juste de doubler, un concurrent inopiné vient de sortir le produit que vous souhaitiez réaliser en 2013, un investisseur jusque là enthousiaste se désengage brutalement, votre meilleur ami et co-fondateur décide de changer son mode de vie et d’aller élever des lapins angora au Brésil, aucun client potentiel n’a jusqu’alors compris ce que vous souhaitez faire…

Toutes ces « catastrophes » sont normales. Faute de mieux, elles doivent être utilisées remettre en question au maximum ce que vous faites. Si vous passez le cap à chaque fois, la startup aura mûri avec vigueur. Et vous aurez acquis des compétences importantes en terme de gestion de projet, d’intelligence économique, de négociation financière, de gestion du leadership, ou de marketing stratégique…

Dit d’une autre façon : si vous restez dans votre zone de confort, vous faites probablement mal les choses.

Une startup n’est pas une entreprise

Inutile d’essayer d’adopter des mesures d’activité telles que le CA, la part de marché, ou la rentabilité nette. Vous le ferez quand vous serez sorti du mode startup. Pour l’instant votre tableau de bord doit mesurer vos signes vitaux. Cela peut être par exemple trois durées :

  • Nombre de mois financés (combien de temps avant nous pour développer notre offre, avant que nous n’ayons plus de trésorerie) : Mf
  • Nombre de mois avant lancement (combien de temps avant la mise sur le marché d’une première chose vendable à quelqu’un) : Ml
  • Nombre de mois avant le point d’équilibre (combien de temps avant que les revenus compensent les coûts) : Me

Dans une situation classique : Mf < Ml < Me

Savoir avec précision où vous en êtes va vous permettre de moduler votre rôle de dirigeant de startup, en vous mettant en urgence sur la R&D, sur la recherche de partenaires et de financements, ou sur le commercial et le marketing.

Ne créez pas pour revendre

D’un point de vue financier l’horizon de sortie que vous allez proposer à vos premiers investisseurs est déterminant. Il s’agit de savoir quand vous allez passer la main, revendre à un gros acteur du marché, ou à des investisseurs plus gros. Certes. Mais si votre moteur pour créer une startup est sa revente dans 3-5 ans,c ela voudra dire que vous n’aurez que peu de marge d’adaptabilité et qu’il vous faudra à tout prix coller à votre business plan ante-création. Statistiquement vous allez à l’échec.

Trouvez plutôt votre moteur personnel : que souhaitez-vous apporter au marché ou au monde, où voulez-vous être dans cinq ans, qu’avez-vous envie de prouver, qu’est-ce qui vous intéresse ou vous amuse réellement dans cette aventure… ?

Vous n’avez pas besoin d’investisseurs

Je ne me fais pas que des amis avec cette assertion, mais elle est honnête et indispensable. Depuis le début de l’année sur une douzaine de levées de fonds que j’ai accompagnées, j’en ai désamorcées un quart. Tout le monde n’a pas besoin de 300K €  pour créer une startup — ce qui pour une raison ou une autre semble être le chiffre magique. Il est possible de créer une startup qui gagne de l’argent immédiatement : en vendant dès le départ ses premiers développements, en trouvant un partenariat pour développer un produit trop risqué pour un grand groupe, en ayant un business model  extrêmement « scalable » (dont la montée en puissance se finance d’elle-même, par exemple avec un BFR fortement négatif), …

Si cela vous semble être de la science fiction, jetez un oeil à la série d’article « Boostrapped, Profitable, & Proud« , qui interviewe des créateurs de startups ayant démarré avec une mise de fonds propre minimale, sans investisseurs, qui font maintenant des profits, et qui génèrent plus de 1 million de revenus.

// Partager :

  • LinkedIn
  • viadeo FR
  • Facebook
  • Tumblr
  • Posterous
  • Google Bookmarks
  • FriendFeed
  • Digg
  • email
  • PDF
  • RSS

Voici en avant première quelques informations issues de ma recherche. Deux caractéristiques importantes des membres du binôme mentor-mentee (accompagnateur-accompagné) sont la disponibilité et l’ouverture.

Lorsque l’on parle de disponibilité nous pensons bien sûr à une certaine disponibilité de temps, puisqu’un mentor va devoir consacrer de son temps à un mentee ou entrepreneur qu’il accompagne. Au sein du Réseau Entreprendre la norme étant d’un rendez-vous d’environ deux heures (parfois plus) une fois par mois, donc le mentor ainsi que son accompagné doivent se dégager du temps régulièrement pour leur rendez-vous en face à face. Mais cette disponibilité n’est pas seulement temporelle et physique c’est aussi une disponibilité d’esprit et intellectuelle. En effet le mentor peut porter une certaine attention à son mentee et penser à lui en dehors des rendez-vous physiques, lui envoyer de l’info, contacter des personnes de son réseau à son propos et répondre par téléphone ou par mail à des questions ponctuelles de son mentee etc. et de même le mentee doit être disponible pour recevoir ces infos et être engagé dans la relation afin de pouvoir en recevoir tous les bénéfices.

Ce qui nous mène à l’ouverture, une qualité essentielle dans cette relation. De la part du mentor, une ouverture d’esprit est primordiale afin qu’il puisse découvrir son mentee, son univers, ses problématiques, sans juger et sans imposer son point de vue. De la part du mentee, l’ouverture est essentielle pour son apprentissage et son développement de compétences d’entrepreneur ou de manager. En effet afin qu’il puisse recevoir les conseils avisés du mentor, sans pour autant tout prendre pour argent comptant, il a besoin de s’ouvrir à la possibilité que son mentor puisse lui apporter quelque chose de valeur pour son développement et celui de son entreprise. Pour citer un des participants à ma recherche : « la qualité de la relation se met justement dans la capacité à s’ouvrir l’un à l’autre ».

// Partager :

  • LinkedIn
  • viadeo FR
  • Facebook
  • Tumblr
  • Posterous
  • Google Bookmarks
  • FriendFeed
  • Digg
  • email
  • PDF
  • RSS